Prométhée aux Enfers

vautours

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(…)
Les mythes n’ont pas de vie par eux-mêmes. Ils attendent que nous les incarnions. Qu’un seul homme au monde réponde à leur appel, et ils nous offrent leur sève intacte. Nous avons à préserver celui-ci et faire que son sommeil ne soit point mortel pour que la résurrection devienne possible. Je doute parfois qu’il soit permis de sauver l’homme d’aujourd’hui. Mais il est encore possible de sauver les enfants de cet homme dans leur corps et dans leur esprit. Il est possible de leur offrir en même temps les chances du bonheur et celles de la beauté. Si nous devons nous résigner à vivre sans la beauté et la liberté qu’elle signifie, le mythe de Prométhée est un de ceux qui nous rappelleront que toute mutilation de l’homme ne peut être que provisoire et qu’on ne sert rien de l’homme si on ne le sert pas tout entier. S’il a faim de pain et de bruyère, et s’il est vrai que le pain est plus nécessaire, apprenons à préserver le souvenir de la bruyère. Au cœur le plus sombre de l’histoire, les hommes de Prométhée, sans cesser leur dur métier, garderont un regard sur la terre, et sur l’herbe inlassable. Le héros enchaîné maintient dans la foudre et le tonnerre divins sa foi tranquille en l’homme. C’est ainsi qu’il est plus dur que son rocher et plus patient que son vautour. Mieux que la révolte contre les dieux, c’est cette longue obstination qui a du sens pour nous. Et cette admirable volonté de ne rien séparer ni exclure qui a toujours réconcilié et réconciliera encore le cœur douloureux des hommes et les printemps du monde.

Albert Camus, Prométhée aux Enfers (1946) in Noces, suivi de L’Été, Éditions Gallimard, 1956.

Sur les Pistes

Ski gear

Comme je suis à Val d’Isère avec mes enfants pour les vacances scolaires, forcément je regarde la mode montagnarde idéale pour la skieuse invétérée que je suis. Du coup, voilà une petite compilation de matériel de ski utile, performant, beau et durable (i.e. solide), des critères de plus en plus indispensables à mes yeux. Une précision utile par les temps qui courent : cet article n’est pas sponsorisé (mais si les marques que je recommande veulent m’envoyer du matos pour que je le teste, ça sera avec joie 😉 ).

Being in Val d’Isère with my children for the winter holidays, I HAVE to get interested into the indispensable ski gear. Here is my choice of items combining utility, aesthetics and long-lasting robustness : qualities I value more and more. A necessary precision : this article is spontaneous (though if the brands I recommend feel like sending me stuff to test, I’d be happy to 😉 ).

1 & 2. Veste et pantalon Women’s Spire, Marmot. Marmot’s Women’s Spire Jacket and Pant.
3. Batons Komperdell Carbon Bamboo. Komperdell’s Carbon Bamboo ski poles.
4. Chaussures Salomon Quest 100 W. Salomon’s Quest 100W skiboots.
5. Casques HMR, H2 Air avec Visière intégrée. HMR Helmet’s, H2 Air with visor.
6. Skis Shiva Performance Piste, Bohême. Bohême’s “Shiva” wooden skis.
7. Gants “Guide”, Black Diamond. Black Diamond’s Guide gloves.

Les crêpes sans oeufs

Samedi dernier, le 2 février, c’était la chandeleur.

Nous avons dîné chez de très vieux amis, et il y avait des crêpes, c’était chouette. Évidemment, comme Petit Poussin est allergique aux œufs, il a mangé de l’Ebly et des petits filous ; ça n’a pas eu l’air de trop le déranger, mais j’avais de la peine pour lui.

J’ai souvent un train de retard, nous avons donc fêté la chandeleur à la maison le 3 février, avec de délicieuses crêpes sans œufs, sur une recette adaptée d’autres recettes trouvées sur Marmitton.

La Recette

 

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Ingrédients

  • 250 grammes de farine
  • 5 cl d’huile
  • 25 cl de lait
  • 25 cl d’Eau de Perrier (ou une autre eau gazeuse)
  • L’arôme que vous voulez (vanille, fleur d’oranger, sucre… ou nature)
  • Une pincée de sel
  • Une crêpière pas trop grande (de la taille d’une assiette à dessert) préchauffée th. 4.

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Mettre la farine dans une jatte (un grand bol quoi), et la délayer avec l’huile, le lait et la moitié de l’eau. Battre bien fort avec un fouet pour supprimer tous les grumeaux. Ajouter le reste de l’eau et bien mélanger mais sans en faire trop, pour ne pas “dégazéifier” le mélange. Ne pas laisser reposer la pâte, elle perdrait ses bulles et deviendrait beaucoup plus lourde.

Prévoyez un volontaire pour manger la crêpe d’essai souvent sacrifiée pour régler correctement la température de la poêle. N’oubliez pas que pour la première crêpe de l’année, vous devez normalement la retourner d’un mouvement leste du poignet, en tenant une pièce en or dans l’autre main. Chez nous, c’était une pièce de 50 cents. Ben quoi ? Elle était jaune… [Note pour moi-même : trouver une pièce en or pour l’année prochaine.]

Les crêpes sans oeufs sont moins élastiques, attention de ne pas les faire trop cuire sinon elles risquent de devenir sèches. Ne les servez pas tout juste sorties de la poêle : mettez-les dans une assiette chaude couverte d’un torchon. À chaque nouvelle crêpe, retournez toute la pile pour que la nouvelle soit dessous. Elle va reprendre de la vapeur et de l’humidité des autres, et ça vous garantit des crêpes bien tendres (il suffit de deux ou trois crêpes d’avance et de vingt secondes d’attente pour avoir un moelleux très satisfaisant).

Nous avons fait des crêpes sucrées, donc je n’ai testé la version salée ou l’on ne peut pas empiler les crêpes puisqu’elles sont garnies de jambon, fromage etc. directement dans la poêle. Je pense qu’on obtient le même résultat en couvrant la crêpe garnie d’un torchon ou d’une assiette retournée quelques secondes avant de la manger, histoire qu’elle prenne un petit bain de vapeur.

Et voilà ! Bonne dégustation !

Chez nous, on mange les crêpes avec de la confiture, du sucre de canne brun non raffiné, ou un mélange beurre-miel-citron à se rouler par terre. Et chez-vous ?

2013, nouvelle année, nouveau blog !

Underwater new year !

Je sais, je suis une inconstante du blog, à un point que c’en est pénible. Mais je ne change pas vraiment, je continue sur un support désolidarisé de mon compte google. Parce que disons-le, que mon “blog de maman” soit directement relié à mon identité me dérange légèrement, même si la plupart de ceux qui viennent ici savent déjà qui je suis.

Après avoir passé un sympathique réveillon sous un climat pour le moins humide, vient le moment indispensable des vœux, des rétrospectives et des bonnes résolutions. Je vais plutôt mettre en perspective deux années à 10 ans d’écart.

En 2003 :

  • J’étudiais à Sciences Po Bordeaux ;
  • j’habitais chez mes parents ;
  • je voulais devenir diplomate, ou travailler dans une organisation onusienne (le Kosovo, ça vous gagne) ;
  • j’ai marché sur des vagues gelées, en Finlande ;
  • j’ai rencontré mon futur mari au mariage de mon meilleur ami ;
  • j’ai vu une civilisation en détruire une autre en direct, au XinJiang ;
  • pendant ce temps, en France, c’était la canicule ;
  • je me suis coupé les cheveux court (intéressant, non ?) ;
  • mon futur mari m’a embrassée pour la première fois, sur un quai, comme dans les films ;
  • Il y a eu de la dinde pour Thanksgiving.

En 2013, pour ce que j’en sais :

  • J’ai de nouveau les cheveux longs (fascinant, non ?) ;
  • j’ai 2 petit garçons ;
  • je crée ma boîte, la Kinkiu Corp., pour sauver le monde ;
  • je vais fêter mes cinq ans de mariage ;
  • mon premier Poussin adoré va entrer en maternelle ;
  • il y aura de la dinde pour Thanksgiving.

Voilà ce dont je suis à peu près sûre.

Pour le reste, on verra, mais je compte bien passer une année passionnante, incroyable, remplie du sol au plafond de la réalisation de mes projets, de joie, de travail, d’amour et de rires d’enfants, le tout en gardant la santé si possible.

Je vous souhaite à tous une fantastique année 2013, d’accomplir pendant cette année quelques résolutions, d’aimer et d’être aimés, de rire, de pleurer d’émotion plutôt que de chagrin, d’avoir un enfant pour ceux qui l’espèrent et de ne pas en avoir pour ceux qui aimeraient autant éviter, d’être en bonne santé, de lire, écouter et voir des œuvres formidables, et des navets aussi, comment apprécier sinon, de voyager, d’avoir un endroit confortable ou vous reposer, et de vivre, dans l’ensemble, assez de petits moments de bonheur pour être heureux.

Bonne année !

crédit photo : State Archives of Florida, Florida Memory, http://floridamemory.com/items/show/48243