De la petite Taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la Tête

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La petite taupe mène l’enquête : qui ? Mais qui ?

J’ai découvert récemment un grand classique de la littérature enfantine, La petite Taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la Tête, de Werner Holzwarth, illustré par Volf Erlbrukh, pour ma plus grande joie et celle du Petit Poussin.

Comme tous les soirs, la petite taupe sortit de terre son museau pointu, histoire de voir si le soleil avait disparu. Et voici ce qui arriva.
(C’était rond et marron, aussi long qu’une saucisse, et le plus horrible fut que ça lui tomba exactement sur la tête, sploutsch !)
– Mais c’est dégoutant ! rouspéta la petite taupe. (…)

Et notre petite taupe d’aller interpeler le pigeon, le cheval, le lièvre, la chèvre… et toutes sortes d’animaux qui lui démontrent preuves à l’appui que ça n’est pas eux. Qui est le coupable ?

De l’art de la variation

Détail important : l’objet fatidique n’est pas nommé ! Tout au long de sa quête, l’auteur explore toutes les possibilités du vocabulaire pour désigner le produit des intestins des différents animaux interrogés : berlingots, paquet, bouse… Du coup, les parents qui rougissent devant le sujet peuvent lire tranquilles, l’histoire reste convenable jusqu’au bout. Ouf !

En ces temps troublés où le Petit Poussin est partagé entre faire dans ses couches, faire dans les toilettes, ou ne pas faire du tout – une solution tentante mais intenable dans la durée –, le sujet l’interpelle, et le choix de vocabulaire me ravit ! Ne pas avoir à dire C-A-C-A pendant cinq minutes tout en en explorant l’immense variété en fonction des espèces, quelle joie ! C’est aussi un beau travail de traduction de Rozenn Destouches et Gérard Moncomble.

De nombreux supports pédagogiques

La Petite Taupe est paru en France chez Milan en 1993, c’est donc un classique un peu trop jeune pour les parents trentenaires. Il est pourtant difficile d’y échapper tant il semble largement étudié en maternelle : on trouve sur internet de nombreuses explications de texte et supports pédagogiques à l’usage des professeurs des écoles. Rien n’empêche les parents de les lire pour avoir aussi des axes de discussion avec leur enfant.

Des Albums en maternelle (clic-clic) : fiche technique, organigramme d’étude sur dix séances, imagier, ressources variées à imprimer… et surtout une importante bibliographie scatologique pour les petits, de quoi donner des idées quand on veut aborder le sujet !

La Grande Section de Kaeso (clic-clic) : Des exercices de grande section avec fiches ; je découvre la notation par smiley, je crois que je préfère quand même A/B/C, parce qu’avoir un smiley 🙁  sur sa feuille touche à un niveau émotionnel. Non ? Je suis peut-être trop sensible pour le système de notation actuel.

Passerelle EJE (clic-clic) : Fiche technique

L’œuvre a été déclinée en différents formats d’album, en livre pop-up, et même en animation, avec un dvd. Je croise les doigts pour qu’une chouette app voit le jour, après tout, on ne se lasse pas du sujet (en tout cas, la relève est assurée).

Adaptations du livre

Il y a même des projets alternatifs autour de ce livre, comme cette mignonne animation en pâte à modeler :

Bon, je vous laisse, je dois aller le lire à Petit Poussin…

À lire

De la Petite Taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la Tête, Milan, 1993. Voir le site de l’éditeur.

Vous connaissiez ? Et chez vous, il y a des livres au sujet peu ragoutant qui font un tabac ?

École des Loisirs, mon amour…

Quand j’étais petite, j’étais abonnée à l’école des loisirs (voir le site) : une fois par mois, on déposait sur mon pupitre à l’école (oui, c’était un pupitre, avec encore le trou pour mettre l’encrier) un nouveau livre. C’était toujours une surprise, une petite joie : je ne savais jamais ce que j’allais recevoir, et je lisais ce “cadeau” avec beaucoup de plaisir.
Quand Arthur est entré à la crèche il y a un an, j’ai inspecté les fascicules de l’École des loisirs avec plaisir, et, ne sachant que choisir, je l’ai abonné à Bébémax (jusqu’à 3 ans) et à Titoumax (2-4 ans), puisqu’il allait avoir deux ans dans l’année : autant profiter des tarifs avantageux de la crèche (autour de 35€ pour 8 livres) par rapport à l’abonnement individuel pour se faire plaisir.
Je ne l’ai pas regretté, et Arthur non plus !
Si les ouvrages de Bébémax, vraiment à sa portée ont rencontré beaucoup de succès, ceux de Titoumax, qui sont plus difficiles, ont fait aussi leur petit effet. Curieusement, ce sont les livres les plus “compliqués” de Titoumax qui ont le plus plu à Arthur, alors que ses préférés chez Bébémax sont très faciles.
Le petit plus de la collection : sur le site des abonnements de l’École des Loisirs, L’École des Max, on trouve pour chaque livre des bonus : des petites activités à réaliser, parfois un petit jeu en ligne. Il y a également un dossier pédagogique, réservé aux enseignants et aux professionnels de la petite enfance. Mais si vous avez des titres qui ont fait partie d’un abonnement, vous pouvez trouvez ce dossier en cherchant dans les archives, ici

Bien sûr tous les livres sont également disponibles en librairie, du coup laissez-moi vous en présenter quelques-un.

Parmi nos préférés de l’abonnement Bébémax 2011-2012, il y a eu :
Lou et Mouf : Vole ! Vole ! de Jeanne Ashbé
Lou et Mouf : Vole ! Vole ! de Jeanne Ashbé
Lou et Mouf sont des personnages phares de Jeanne Ashbé, connue pour ses dessins tout doux. Lou a entre un an et 18 mois, il découvre son environnement avec plaisir accompagné par Mouf, son doudou, et par notre bébé lecteur.
Pour cette petite rencontre de Lou avec des insectes, le site (ici) propose un dessin de papillon à colorier, un lien vers un tutorial pour faire des papillons en origami (sur le blog Vert Cerise) et un petit jeu en ligne pour reconnaître les insectes volants.
 Il y a toute une collection de Lou et Mouf, tous aussi chouettes !
Croque-Bisous de Kimiko
Petite souris veut un dernier bisou, et encore un bisou de plus… c’est difficile de résister à la tentation de faire revenir ses parents encore une fois… Mais petite souris reçoit la visite de croque-bisous : il n’a plus ses parents pour lui faire des bisous, et les bisous, il s’en nourrit ! Il veut un bisou, et puis un autre, et un de plus…
Bref, c’est un livre à lire pour se faire des bisous du soir, et puis accepter de se dire bonne nuit… le site (ici) propose un petit jeu des bisous, et un dessin du Croque-Bisous à imprimer.
J’ai chaud de Mako Taruichi
Accablé de chaleur, le pingouin se réfugie dans une ombre… mais c’est celle du phoque, qui a chaud aussi ! D’ombre en ombre, les animaux cherchent la fraîcheur, jusqu’à trouver… (haha vous voudriez le savoir, hein ?)
Le site propose (ici) des idées d’activité sur les ombres, une marotte (petite marionnette en papier à coller sur une baguette) à imprimer, et un jeu en ligne.
Et parmi nos super-préférés (parce-ce qu’ils étaient tous chouettes) de l’abonnement Titoumax 2011-2012, il y a eu :
Il l’a fait de Ole Könnecke
Burt va-t-il sauter de la branche ? Il y va, finalement non, y retourne… prend son élan et hop ! Bravo Burt ! Un petit livre plein de suspense : on ne sait pas, au début, ce que Burt fait là, ni ce qui l’attend une fois qu’il aura sauté…
Burt a été adopté immédiatement par Arthur, qui me l’a réclamé des milliers de fois : “Beu’t Beu’t” (je vous laisse imaginer le niveau de confusion quand il a fallu distinguer Burt et beurk). Burt l’a fait, donc, carrément.
Le site (ici), plus complet pour les Titoumax, propose un dossier pédagogique à télécharger, plusieurs activités, une marotte et même une chanson (avec la musique) pour encourager Burt !
– Non pas dodo ! de Stéphanie Blake
Stéphanie Blake, c’est Simon le lapin, et son petit frère Gaspard. Le petit Gaspard a laissé son doudou dans la Méga Giga Grande Cabane dans le jardin, et rien à faire, sans doudou c’est “NON PAS DODO !” Heureusement, Simon est Superlapin, et il va braver la nuit pour aider son petit frère… 
Ce livre là est arrivé à point nommé avec le petit frère d’Arthur. Forcément, il l’a adoré, alors que le petit frère, heu, voilà quoi. Je lui ai beaucoup lu, et on a beaucoup joué avec les petits lapins des pages de garde (Est-ce que tu vois… un lapin qui tire la langue ? … un lapin avec des lunettes noires ? etc. etc.) à un moment très difficile pour nous deux : Arthur ne voulait plus que je sois sa mère, puisque j’étais celle du bébé. Nous retrouver autour de ce livre m’a fait, et je crois nous a fait, beaucoup de bien. Et franchement, il est TROP génial, avec des dessins SUPERCHOUETTES, et une typo TROP TROP cool.
Le site (ici) propose là encore un dossier pédagogique, avec des cartes à jouer (des fameux petits lapins), des pistes pour parler des doudous perdus, et des liens pour apprendre à fabriquer des cabanes en tous genres. On y retrouve aussi les ressources pour toutes les aventures de Simon depuis sa création, si vous en avez ça peut servir.
Pour la saison 2012-13, après délibération avec MonsieurMonChéri, nous avons abonné les deux poulets à… trois abonnements ! En plus de Bébémax et Titoumax, nous allons aussi recevoir Minimax (3-6 ans). J’attends de voir pour Bébémax, mais Titoumax et Minimax me paraissent très prometteurs : il y aura le Grand imagier des petits (on l’a déjà, mais en version immense et cartonnée, ça va faire du bien d’en avoir une version plus légère à emmener partout), et même un Ernest et Célestine !
Trois abonnements, de la folie ? Oui, et puis zut, c’est moins cher qu’un abonnement au Monde, avec beaucoup, beaucoup plus de bonheur…

Apprendre l'anglais à un enfant de 2 ans

Une problématique qui peut paraître atypique mais qui est finalement de plus en plus courante, puisque de nos jours sans anglais point de salut.

Pour nous, la situation est la suivante : un de mes grand-pères était américain, et une partie de ma famille, installée en Angleterre, est anglophone. Mon père, parfaitement bilingue mais de mère française, ne nous a pas parlé anglais petits. J’ai donc appris l’anglais à l’école, comme tout le monde, bien qu’avec une détermination enragée qui m’assure aujourd’hui un niveau convenable. Je voudrais faciliter les choses à mes enfants.

Nous avions envisagé, à la naissance d’Arthur, que je lui parlerais anglais. Mais ça n’est pas ma langue maternelle, et je n’ai pu “mamaner” (vous savez, le gazouillement particulier des mères qui s’adressent à leur nourrisson, qui laisse penser que leur cerveau leur coule par les oreilles) qu’en français, langue du cœur oblige. On m’a dit ensuite qu’il fallait mieux construire sa relation affective avec son enfant dans sa langue maternelle, ce que je veux bien croire. Bref, mon fils est un vrai moulin à parole, mais il ne parle pas anglais.

Je suis donc en pleine recherche de ressources pour démarrer cet apprentissage particulier, finalement assez proche de l’apprentissage du français à partir du moment où l’enfant a bien compris qu’il y a plusieurs langues distinctes, et donc plusieurs façons de dire la même chose à différentes personnes.

Bien sûr il y a DORA. J’en vois qui s’évanouissent au fond de la salle !

Oui, Dora est tellement agaçante qu’on a envie de la gifler. Quand on prône l’éducation sans violence, c’est une émotion complexe.
Mais Dora, qui dans sa version anglaise aide les enfants à apprendre l’espagnol, dans sa version française essaie de faire passer un peu de vocabulaire anglais. C’est très répétitif et didactique, mais franchement je crois que ça lui a plutôt servi à acquérir plus de vocabulaire en français ! Je vais essayer de lui trouver Dora en anglais, pour voir ce que ça donne.

Nous commençons à explorer les livres d’Eric Carle, une vraie mine, et une bonne madeleine de Proust pour ceux qui ont eu les versions françaises quand ils étaient petits :

Brown Bear, Brown Bear, What Do You See? est devenu le grand amour d’Arthur, que nous lisons en boucle.
L’ours brun voit… un oiseau rouge, qui voit… un canard jaune… etc. etc.
C’est super, parce qu’on peut mimer what do you see, et qu’il apprend en même temps les animaux et les couleurs. J’essaie de ne pas traduire, j’ai peur que ça embrouille tout et il me semble qu’il vaut mieux qu’il ait un accès direct à l’anglais sans passer par le sens en français. Comme de réapprendre à parler, en fait.

Il y a des tas de livres d’Eric Carle que je suis impatiente de lire, ou de relire en anglais avec Arthur, parmi lesquels :
From Head to Toe
– The Very Hungry Caterpillar
– My very first book of Numbers/of Colors/of Shapes/of Words/of Food etc.
– Polar Bear, Polar Bear, What Do You Hear?
– Where Are You Going ? To See My Friend!
 À noter que le site d’Eric Carle comprend une page appelée “Caterpillar Exchange“, où les parents et les instituteurs utilisant ses livres peuvent parler de leurs projets pédagogiques ; je n’ai pas encore lu tout ça, mais je sens que ça peut me donner des idées.

Mes explorations suivantes sont sur Sesame Street ; j’avais un grand imagier Sesame Street quand j’étais petite (et j’aimerais bien savoir où il est passé) et c’est une ressource facile à trouver. C’est là que je vous mets mon craquage du jour :

Je ne sais pas pour vous, mais cette vidéo me met en joie. Heureusement, parce que je l’ai déjà regardée 15 fois au réveil sur l’insistance d’Arthur. L’hiver dernier c’est comme ça qu’on s’est retrouvé à tous chanter Jingle Bells jusqu’à Pâques. Oh dear!

Et vous, vos tout-petits apprennent l’anglais ? Pourquoi ? Comment faites-vous ?