Et si c’était mon enfant ? Le mariage pour tous.

Devant le maire...

C’est un sujet qui donne lieu à des discussions enflammées, mais sur lequel j’ai évité de m’exprimer “publiquement” jusqu’à maintenant.

J’ai vu passer sur le sujet de nombreux posts, de nombreux appels, des explications en tous genres. Et puis, en déjeunant aujourd’hui, j’ai lu cet article sur Parents Testeurs, et j’ai eu brusquement envie de m’exprimer. Je vais sûrement être maladroite, parce que tous les sujets qui ne vous concernent pas, ou plus, ou pas encore, sont délicats à aborder.

Je suis une femme blanche, mariée, et j’ai deux enfants. Je vis en banlieue parisienne dans un 60 m2, mais si je le pouvais, j’aurais une maison, un jardin et un chien. En plus de ça, je suis catholique. Une catholique un peu borderline, mais la question n’est pas là. Bref, niveau minorités, à part la féminité (là par contre, je me sens plutôt en minorité dans la minorité féminine), je ne suis pas une spécialiste. Pardonnez-moi.

Je ne vais pas vous faire le cliché du “j’ai des amis homos”, même s’ils sont chers à mon cœur : je n’ai pas vu certains depuis longtemps, et ça n’est pas un argument.

J’avais justement fait une liste d’arguments, des arguments contres, et mes réponses “pour”. La loi, la religion, la société… Mais en réalité, ma position, même argumentée, n’est pas rationnelle, elle vient des tripes.

Je suis mariée, et je ne vois pas bien pourquoi tous les couples majeurs n’auraient pas le droit de se marier, eux aussi, s’ils en ont envie. Il paraît que le mariage est dévoyé, pourtant le jour où j’ai dit oui reste un des jours les plus significatifs de toute ma vie. J’ai reconnu mon amour pour une personne et j’ai décidé que j’allais faire mon possible pour rester avec cette personne ad vitam. J’ai dit, devant la société, que je m’engageais avec cette personne, et que je voulais fonder une famille avec elle. La société, sous la forme du maire, devant la communauté, a reconnu cet engagement et le lien exclusif qui nous unit l’un à l’autre. Un lien précieux, qui nous donne des droits et des devoirs. Tous les couples qui prennent le même engagement doivent avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs. C’est une question d’égalité, et d’emmerdement en cas de divorce, il n’y a pas de raison.

Je suis une mère, et à chaque fois que j’entends quelqu’un dire qu’il/elle n’arrive pas à avoir d’enfant, j’ai le cœur qui se retourne. J’en pleurerais pour eux. J’en pleure pour eux. Il faut un père et une mère pour faire un enfant ? Vous devriez voir le nombre d’hommes et de femmes qui n’y arrivent pas ensemble, qui ne peuvent pas. Et on doit leur dire quoi ? La nature ne veut pas que vous ayez d’enfant ? Non. On les aide. Est-ce que c’est moins dur à supporter pour un couple d’homosexuels, qui n’ont de base aucune chance d’avoir un petit d’eux ? Je ne crois pas.

Non, il n’y a pas de droit automatique à l’enfant, mais bon sang, vous croyez, parents, que si on vous avait fait passer un examen pour vous autoriser à procréer, vous l’auriez tous eu haut la main ? Vous croyez que moi, avec mon bagage génétique médiocre, mon cœur rafistolé, mon TDA, mon bordélisme, mon émotivité, on m’aurait autorisé à être mère ? Peut-être pas, mais je peux dire merde aux gens, parce que j’ai la nature avec moi.

Et ces parents qui font douze enfant avec rien pour les nourrir ? Et ceux qui abandonnent leurs enfants, mais pas vraiment comme ça ils ne sont pas adoptables ? Et ceux qui privent leurs enfants d’un parent qui les aime, juste parce que leur couple n’existe plus ? Et ceux qui ont des enfants mais pas d’amour à leur donner ? Et ces monstres qui maltraitent leurs enfants, qui les violent, qui les torturent, qui les tuent ? Là, sous nos yeux, dans notre belle société qui arrive trop tard et qui ne peut que constater. Ceux-là, vous croyez qu’ils auraient eu le droit d’avoir des enfants ?

Non, il n’y a pas de droit à l’enfant, mais il y a des hommes et des femmes qui ont tout à donner, et qui ne seront pas de moins bons parents que leur prochain. Il n’y a pas de droit à l’enfant, mais il y a des enfants qui ont déjà deux mères (ou deux pères, mais c’est plus rare), et qui risquent d’en perdre une en cas de séparation, sans recours, sans droit de visite. Je vois “un papa, une maman, on ne ment pas aux enfants” et j’ai envie de rigoler, ou de pleurer tellement c’est bête. Qui fera croire à un enfant qu’il est biologiquement issu de ses deux parents homos ? Les mêmes qui font croire aux enfants de mères célibataires qu’ils sont nés par parthénogenèse ? Et quand on parle d’adoption, confier un enfant à un célibataire ça va, mais à deux hommes ou deux femmes c’est niet ? Pourquoi, c’est plus dur d’élever un gosse à deux ? On prétend vouloir protéger les enfants, alors que c’est le regard des bien-pensants qui les blessent. Dans l’immense variété des configurations familiales possibles en France, je ne vois pas comment la reconnaissance d’une configuration qui existe déjà va bouleverser la société. Par contre je vois bien comment elle va bouleverser la vie de familles concernées.

Et si c’était mon enfant ? Me sentir solidaire, en tant qu’épouse et en tant que mère, de ceux qui veulent se marier et avoir des enfants, c’est une chose. Mais la question posée par Alice, de Parents-testeurs, c’est :

Est-ce que ça vous fait peur d’avoir un enfant homosexuel ? est-ce que sa place dans la société d’aujourd’hui vous convient ? quelle place dans la société de demain vous aimeriez lui offrir ?

Oui, ça me fait peur. Ça me fait peur parce que si j’avais un enfant homosexuel adulte aujourd’hui, ou pire, adolescent, il s’en prendrait plein la gueule. Parce qu’on fait semblant d’être une société tolérante, mais que c’est toujours aussi dur. Et je ne me rends pas compte, pas vraiment.

Je veux que mes enfants soient heureux. Je veux qu’ils rencontrent quelqu’un de bien. Je veux qu’ils aient les mêmes droits que les autres. Je veux pouvoir choisir un chapeau géant de mère du marié pour chacun de mes fils (et à ce propos, je suis aussi pour le mariage des prêtres). Je veux qu’ils aient des enfants, ou qu’ils en adoptent, bref, qu’ils connaissent la paternité d’une manière ou d’une autre, s’ils en ont envie. Je veux qu’ils puissent sortir en famille, travailler, vivre, sans qu’on leur donne l’impression qu’ils sont inférieurs à qui que ce soit, ni eux, ni leurs enfants.

En fait, si un de mes enfants s’avérait être homosexuel, je voudrais m’en foutre. Je voudrais qu’il s’en foute. Je voudrais que la société entière s’en foute. Est-ce que c’est trop demander pour ses enfants ?

 

Dans mon monde

Dans mon monde...

Sur une idée de la mère Cane, sur son blog La mare au canard, une petite description de mon monde à moi.

Dans mon monde il y a mon Petit Poussin qui m’a empêché de dormir la nuit avant même d’être né, tellement les yeux désolés des obstétriciens me glaçaient. Mon bébé qu’on a forcé à naître un peu trop tôt, et qui ne voulait pas sortir. Mon fils si beau, mon fils tant aimé, qui m’a refusé sa tendresse pour me punir d’être enceinte de son frère. Pour se protéger. Dans mon monde, j’ai du reconquérir mon fils, et mon cœur tressaille à chaque baiser qu’il me réclame, à chaque sourire qu’il m’offre. Dans mon monde, l’amour de mon fils est précieux.

Dans mon monde, il y a mon Mini Lapin, qui est né sans faire d’histoire quand on lui a signifié la fin du bail, rab compris. Mon bébé relax, mon bébé qui prend son temps. Neuf mois dedans, neuf mois dehors, grossesse parfaite, naissance parfaite, bébé (presque) toujours souriant. Dans mon monde, cette petite merveille de douceur, tranquillement, l’air de rien, a un caractère bien affirmé. Dans mon monde, il y a un orni (objet rampant non identifié) ; je ne sais pas comment ça va tourner.

Dans mon monde, il y a mon Mari. L’Homme, le mâle à l’ancienne, du genre qui nourrit sa famille et le père moderne, du genre qui change les couches et qui se lève la nuit. Tous les superlatifs s’appliquent : très grand, très fort, très intelligent, très travailleur, très courageux, très immature, très énervant, très inconscient, très buté, très beau, très geek, très papa poule… dans mon monde, j’Aime avec un grand A, j’Admire avec un grand A, même quand il m’Agace. Ça n’est pas à la mode, mais c’est comme ça.

Dans mon monde, il y a mon projet, ma Kinkiu Corp., qui me prend tout le temps que me laissent mes enfants, il y a les chiffres, et les lois, et les business plans, et les plans marketing, et les plans de financement, et les spécifications, et les bases de données, et les mind maps, et, encore plus importants, les parents, les enfants, les superhéros, pour qui je fais tout ça.

Dans mon monde il y a mes amis, il y en a peu, il y en a beaucoup, je ne suis jamais sûre, les plus anciens, les plus récents, et finalement tous précieux, vraiment, pour chaque minute toujours trop rare passée ensemble. Au bout de combien d’années est-on ami ? Au bout d’une vie entière ? Au bout d’une bière entière ? Certains amis sont ma famille, certains sont les amis d’un moment, l’important c’est cette chaleur du coeur en se (re)voyant.

Dans mon monde, justement, il y a ma famille. Mes parents, mes frères, essentiels à ma vie. Mais aussi mes grands-mères, la mémoire de mes grands-pères, les oncles, les tantes, les cousins, les cousines, d’un côté comme de l’autre, mon clan, mes clans. Ma famille de fous, de folles, ma famille (presque) normale, ma famille (plutôt) bizarre, ma famille (vraiment) barrée, ma famille qui se dispute et qui fait la gueule, ma famille qui se rassemble et qui s’aime. Ma famille.

Dans mon monde, il y a sa famille. Ses parents, ses frères, ses grands-parents, ses oncles, ses tantes, ses cousins, ses cousines. Ceux qu’on voit peu, ceux qu’on voit souvent. Sa famille qui m’a adoptée avec une immense gentillesse, ma famille aussi, aujourd’hui.

Dans mon monde, il y a les histoires, les ancêtres, les fantômes, les personnages. Il y a Alfred et Antonine, les époux maudits, Olinde, le mathématicien, Pierre, le dragon, Karol, l’exilé, tous des fantômes… Il y a Marion, et son chien Rouge, Laure, toujours en Italie, et tant d’autres personnages inachevés. Dans mon monde, il y a une écrivaine qui n’est pas devenue, faute d’écrire, et qui se promène avec cette foule autour d’elle que personne d’autre ne voit. Dans mon monde, je ne suis jamais seule.

Dans mon monde, il y a le TDA, et cette détresse de ne pas fonctionner tout à fait comme tout le monde. Dans mon monde, le TDA est en retard, il est dans la lune, il est maladroit, il est décalé, il est émotif, il a du mal à téléphoner, il perd mes affaires et ne m’aide pas du tout à comprendre les gens. Dans mon monde, le TDA et moi, nous apprenons doucement à vivre ensemble, lui à se plier à mes petites stratégies et moi à lui pardonner. Dans mon monde, parfois j’en ai marre, et je deviens droguée sur ordonnance juste pour être normale. Dans mon monde, parfois je n’arrive pas à appeler pour avoir une ordonnance, c’est un peu le serpent qui se mord la queue.

Dans mon monde, il y a moi. Je suis un peu la somme de tout ça. Avec la gourmandise, les kilos et les complexes, la geekitude, les voyages, les livres, le parcours atypique typiquement moi, l’envie, le bordel, le stress, la zenitude, la paix. Dans mon monde, on m’a dit un jour que si mes amis étaient tous les ingrédients d’un Pho, je serais le bol. Je ne suis toujours pas sûre de comment je dois le prendre. Dans mon monde, je suis une collectionneuse de petits moments de joie, d’émerveillement, de satisfaction, d’amour ; je les colle, je les accroche, je les réchauffe, et ils se transforment en bonheur.

Parents, pensons la réforme des rythmes scolaires ensemble.

Parents #réforme

Nous sommes parents.

Nous sommes inquiets.

En maternelle et en élémentaire, le passage à la semaine à 4,5 jours doit être mis en œuvre dès la rentrée 2013, soit dans 9 mois. A ce jour, l’information dont nous disposons est parcellaire et contradictoire. Le projet tel qu’envisagé ne nous semble pas à la hauteur des enjeux.

Nous croyons cette réforme nécessaire et en partageons les objectifs, à savoir mieux apprendre et favoriser la réussite scolaire de tous. Depuis 2008, les écoliers français ont le nombre de jours d’école le plus faible des 34 pays de l’OCDE et de fait des journées plus longues et plus chargées que la plupart des autres élèves dans le monde. Cette situation est préjudiciable et doit être revue.

Cependant, le projet de réforme qui nous est présenté ne nous semble pas répondre à ces objectifs. Le choix de l’organisation sera à la discrétion des municipalités. On risque de se retrouver avec des communes où les enfants auront cours le samedi, d’autres le mercredi, d’autres encore auront une pause de midi allongée, d’autres finiront plus tôt et auront une période d’études/garderie plus longue, etc. Les moyens mis en œuvre dépendront essentiellement du budget des communes. Impossible, dans ces conditions, d’imaginer que cette réforme soit facteur d’égalité entre tous les enfants de France, quel que soit leur lieu de résidence et leur établissement scolaire. Il appartiendra aux municipalités de faire un choix et d’en répondre devant les électeurs en 2014.

Nous espérions qu’à l’occasion de la réforme des rythmes scolaires, la place des arts, de la culture, des langues et du sport, etc. serait au cœur des préoccupations. Or, l’opacité des moyens à mettre en œuvre, l’augmentation du nombre d’enfants par animateur dans le temps périscolaire ainsi que la place choisie par les mairies pour ce temps (notamment à l’heure du déjeuner) vont diluer ces espoirs de diversification et de renforcement de ces enseignements.

Nous espérions également que cette réforme porterait sur l’intégralité du rythme scolaire, y compris le découpage entre vacances et classe et notamment la durée des grandes vacances. Force est de constater qu’il n’en est rien.

Nous sommes déçus et inquiets et rejoignons ainsi bien des enseignants. Nous craignons que l’augmentation du temps périscolaire sans réflexion quant à son contenu ni quant aux moyens de mise en œuvre fasse de ce temps un temps de désœuvrement organisé… Cela irait encore une fois à l’encontre de l’objectif de la réforme.

Afin de préserver le symbole de la demi-journée de cours supplémentaire, Il est essentiel de ne pas sacrifier les apprentissages, de ne pas perdre cette opportunité historique d’accroître l’égalité des chances des enfants face aux activités artistiques et sportives en créant du temps de garderie. Cela n’apporterait rien aux enfants, dévaloriserait un peu plus l’école et la fonction des enseignants et  remettrait en question l’organisation des familles.

Nous devons à nos enfants une réforme ambitieuse.

Citoyens connectés, blogueurs, parents, nous avons reçu de nombreux retours d’autres parents qui partagent nos inquiétudes et ne se sentent pas représentés.

Nous demandons à être entendus.

Prenons le temps de réformer l’école ensemble.

Les 81 Signataires

8alamaison , Agathe VANDAMEAimé Blumentern , Allo Maman Dodo ,
Anaïs PetitevieAnnabelle , Astrid LareinedeliodeAudrey, Madame Koala ,
Aymeric Marlange , Béalapoizon , Bettina Brouard , Buhot Stéphanie , Carole Nipette ,
Caroline , Céline Fenie , Ces Doux moments ,
Chiawaze , Ciloubidouille , Claire Hoenen , Colombe ,
Cranemou , Cynthia , David Beck , Delphine Gagnon , Doudette , Estelle Malice et Blabla,
Estelle Peralta , Expressions d’enfants , FashionMama , Florence ,
FlorenceMKoenig , Gaëlle Picut , Gauthier Vranken , Ginie Femmesweetfemme ,
Harmony Rouanet , Henry le Barde , Isabelle Duvert , Jane Gueneau aka. Libelul ,
Julesetmoa , Julie B , Julie Dessagne , Julien , Juliette Merris , Karen Demaison ,
Karine Un bébé pour mes 30 ans , La Poule Pondeuse ,LN moitoutetrien ,
Lul en Lune , Lulu From Montmartre , Lydiane Le Roy ,
M Delobel , Madame , Madame Parle ,
Madame Zaza of Mars , Madame Ziadeh , Maman nanou ,
Mamanwhatelse , Marc Guidoni ,Marie-Gwénaëlle Chuit ,
Marlène Schiappa , Mauvais Père , Mazzhe , Michaëla Avventuriero ,
Michèle, Maman on bouge , Missblogdel , MissBrownie , Naddie , Nadine A ,
Nicolas Gilbert @zegilbos , Parisienne Vincennes , Pourquoisecompliquerlavie , Sabine ,
Samuel Lamotte d’Incamps , Sandra Elle , Sandrine Donzel ,
Sophie Reynal , Tetedeblog , Till the Cat , Unperfect mum ,
Voilapapa , Yusaku (Père de 3 enfants)

Et ceux qui en parlent

La famille déjantée , La tanière de la farfa , Supaman

 

Laisser bébé plusieurs jours, guide de survie

Bye-bye bébé

Il y a un moment où on laisse son bébé aux grands-parents pour partir en week-end, en vacances, en voyage d’affaire, qu’importe. On part, on laisse le ou les enfants encore petits, et souvent, c’est l’angoisse.

La première fois, pour Petit Poussin nous étions à un mariage, il avait 4 mois 1/2. Je n’ai pensé qu’à lui et nous sommes retournés le chercher ventre à terre le lendemain matin. Il a depuis passé suffisamment de temps chez ses grands-parents, d’un côté comme de l’autre, pour que je sois plutôt relax.

Depuis la naissance de Mini Lapin, c’est redevenu rare, parce que j’ai allaité plus de six mois. Et puis c’est plus difficile d’imposer deux enfants dont un nourrisson et un adolescent de deux ans en pleine crise du Non.

Et voilà, après deux jours d’essai pour le nouvel an, ils sont chez mes beaux-parents pendant dix jours. C’est long, je ne sais pas si je vais survivre. Pour eux, ça devrait aller.

Petit point sur la logistique pour quitter un bébé plusieurs jours sans se faire un ulcère à l’estomac :

1. Envoyez-le en terre bien connue

Chez des grands-parents qu’il voit souvent, oncle, tante ou amis qu’il connait bien et chez qui vous avez passé du temps ensemble. Si possible, là où il va, bébé a déjà ses petites habitudes, un lit où il a dormi, des jouets qu’il est excité de retrouver, il y a déjà pris des repas, un bain etc… Bref, rien n’est étrange(r), sauf l’absence de ses parents.

2. Laissez-lui des repères

  • Bébé emmène son doudou, avec un peu d’odeur de la maison (vous attendrez le retour à la maison pour le laver). S’il n’est pas encore vraiment attaché à un doudou, on peut lui laisser un lange porté un jour ou deux dans son décolleté.
  • S’il n’y a pas de photos de vous exposées sur la cheminée, vous pouvez laisser un petit album de photos, pour qu’il se rassure en vous regardant. Préserver l’image exacte de ses parents est apparemment très important pour qu’un bébé garde le moral, et plus les jours passent, plus elle s’efface.
  • Prévoyez les quelques jouets préférés, les livres favoris pour l’histoire du soir ; votre enfant joue sur l’ipad une demie heure tous les soirs pendant que vous préparez le dîner ou donnez son bain au second ? Si vous pouvez survivre une semaine sans, laissez-lui. Les grands-parents aussi ont droit à 5 mn de répit.

3. Écrivez un manuel d’utilisation

Comme pour l’entrée à la crèche, faites un petit récit de sa journée type : ses horaires, ses petites habitudes, mais aussi les informations importantes comme les prises de médicament et le dosage, les allergies, le stade de diversification, vos recommandations… si vous êtes inquiète, n’ayez pas peur d’en mettre trop mais avec tact dans la formulation. Si les grands-parents vous expliquent qu’ils connaissent déjà l’enfant et que d’ailleurs ils en ont élevé deux, trois, dix, redites (vous l’avez sûrement déjà dit) que :

  • Chaque enfant est différent, et s’ils veulent avoir un bébé souriant et qui s’endort comme un charme il vaut mieux savoir qu’il a besoin d’un massage d’estomac 1h après le repas sinon il hurle et qu’il ne s’endort dernièrement que porté horizontalement, la tête à gauche et en dansant la carioca. Non ?
  • Les consignes en pédiatrie et la législation ont changé en 30 ans, par exemple on ne met pas de calva dans le biberon, on attache les enfants bien serré dans leur siège auto, on les couche sur le dos dans une gigoteuse, on ne leur donne pas de sirop anti-toux, ni de vix vapo rub avant 3 ans (ça fait convulser), on ne laisse pas hurler les bébés (pas les miens) etc.
  • Vous êtes certaine que vos enfants vont passer une merveilleuse semaine, mais vous allez passer une semaine horrible si vous avez l’impression d’avoir oublié de dire quelque chose d’important, vous êtes une mère quand même, il faut comprendre votre détresse.
  • Ça va bien se passer ma chérie, merci pour ces informations très utiles et ces recommandations que nous suivrons à la lettre, ne t’inquiète pas, au revoir et amuse-toi bien/repose-toi bien/travaille bien !” est la seule bonne réponse à vous donner. Si elle leur vient spontanément vous avez des parents/des beaux-parents en or.

4. Faites une valise raisonnable mais complète

Vos enfants partent chez des gens qui ont le chauffage, l’électricité, l’eau chaude, et surtout, un lave-linge. Il y a encore des gens qui n’ont pas de lave linge, dans ce cas faites les valises de vêtement comme pour des vacances à l’hôtel.

Les vêtements (pour 4 jours ou plus, avec lave-linge)

  • 4 tenues complètes : chaussettes/pantalons/hauts (+tricot de peau en hiver)/pulls ;
  • 2 paires de chaussures (sandales/chaussures couvertes ; chaussures/bottes de pluie ; etc. en fonction du climat) ;
  • 4 pyjamas ;
  • Pour un bébé en body : 8 bodys ;
  • Pour un enfant à peine propre : 8 sous-vêtements ;
  • Les ajouts de saison : blouson/bonnet/écharpe/gants ou imper, maillot de bain anti-uv, bob etc.

La trousse de toilette/à pharmacie

  • Le traitement en cours, avec le nom de l’enfant (s’il y en a plusieurs) et la posologie écrit au feutre pour cd à même les bouteilles ;
  • Le carnet de santé avec dedans une autorisation de soin nominative, et si possible la carte vitale sur laquelle est l’enfant ;
  • La pharmacie “au cas où” : Paracétamol, et traitements “fréquents” même s’il n’est pas en cours, par ex pour un bébé qui siffle vite en cas de rhume, son babyhaler + ventoline, ou s’il fait des allergies cutanées son sirop antihistaminique et un tube de crème corticoïde. Vous aurez donné les consignes correspondantes dans le manuel d’utilisation (cf. 3.) ;
  • Les petites affaires de toilette habituelles : sérum phy, gel douche physiologique, crème, brosse à dent etc. ;
  • Des couches et des lingettes/liniment & co., sauf si vos parents/beaux-parents sont des amours et qu’ils ont toujours un paquet de couche d’avance.

Pas la peine de mettre deux bidons de crème hydratante et toute la boîte de sérum phy pour 6 jours, pensez à vérifier qu’il y a des pansements et de la biseptine dans la boîte à pharmacie de la maison où vos enfants vont séjourner.

L’alimentation

Les grands-parents sont capables de nourrir leurs petits enfants une semaine, pas la peine de remplir un sac de nourriture. Pour autant, ils n’ont pas forcément le matériel nécessaire.

  • Biberons : 2 ou 3, pas tout le lot, c’est temporaire ;
  • Boîte de lait en poudre de la maison (mettez-vous d’accord sur l’achat de la suivante, si elle se finit pendant le séjour) ;
  • Bouteille d’eau, pour laisser le temps d’en racheter ;
  • Si c’est un bébé au stade purées, vérifiez qu’il y a un mixer sur place, sinon apportez le vôtre ;
  • Avant 1 an, prévoyez des cuillères adaptées ;
  • 4 bavoirs par enfant ;
  • S’il y a des choses que Pilou ne mange pas, le manuel d’utilisation est là pour ça.

Le matériel de puériculture

Si vous avez de la chance les grands-parents sont équipés (ma famille et ma belle-famille sont vraiment des amours), sinon gardez-le au minimum. Voilà la shortlist :

  • Lit parapluie + gigoteuse ou petite couette selon l’âge ;
  • Poussette : fait aussi transat et chaise pour manger pour un petit qui tient mal assis (si la maîtresse de maison accepte une poussette sur son parquet ciré) ;
  • Siège auto/Cosi ;
  • Si la poussette ne rentre vraiment pas dans la cuisine, un transat, qui fera donc aussi chaise haute basse.

Pour le reste, je ne vois pas ce qui peut être vraiment indispensable sur une aussi courte période. N’oubliez pas qu’il faudra transporter tout ça avec les enfants jusqu’aux grands-parents, et le ramener ensuite. Si vous avez un budget extensible vous pouvez leur financer l’achat du matériel qui restera chez eux, ou leur suggérer d’investir si votre bébé est le premier de nombreux petits enfants.

Astuces pour faire sans certains équipements de puériculture

  • Chaise haute : Un enfant qui tient bien assis s’attache à une chaise avec deux écharpes nouées, une autour du ventre et du dossier de la chaise, l’autre s’attache à la première au niveau du nombril, passe entre les jambes, sous l’assise, et s’attache à l’autre écharpe dans le dos. Voilà ! C’est du camping, mais ça dépanne. Pour varier la hauteur, on met des bottins ou des encyclopédies sous le petit derrière avant de l’attacher.
  • Baignoire : Une bassine fait une très bonne petite baignoire, et sinon, la baignoire familiale est parfaite. Il suffit de 10 cm d’eau pour baigner un bébé.
  • Matelas à langer : Une serviette de bain sur un lit est parfaite, et si la grand-mère a peur pour ses draps, sur la toile cirée de la table de la cuisine ça marche aussi.
  • Chauffe-biberon : Si vous avez peur de la brûlure avec les 10 sec. au micro-ondes, le traditionnel bain marie marche bien. On peut aussi remplir un grand bol avec de l’eau bouillante et y mettre le biberon, l’eau aura refroidi avant que le biberon ne soit trop chaud.
  • Vaisselle : C’est le moment de sacrifier les bols ébréchés, et de ressortir les verres de cantine.
  • Bavoirs : Rien de plus chic qu’un torchon autour du cou.

5. Les problèmes de santé potentiels

  • Mettez vous d’accord d’avance sur ce que vous souhaitez en cas de soucis de santé, poussée de fièvre, grave maladie ou accident : vous voulez être mis au courant sur le champs, et donner votre accord pour toute intervention/prise de médicament ?
    Ou bien vous voulez que les grands-parents se précipitent chez le médecin à la moindre alerte ? Dites-le clairement.

[box] Vous n’avez pas forcément la même notion de ce qui mérite une visite chez le médecin : cette belle entaille sur le front d’un petit laissera une vilaine cicatrice sans colle ou strips ? Pour vos parents, un peu de désinfectant, un pansement, et ça roule.[/box]

  • Parlez des frais de santé à avancer. Bien sûr, vos parents s’ouvriraient les tripes pour vos enfants. Mais ça fait toujours du bien de dire que vous rembourserez les frais médicaux. Laissez la carte vitale avec l’enfant, au cas où la note soit peu trop salée sans tiers payant.
  • Si c’est grave, bien sûr vous allez vous précipiter, mais le temps que vous arriviez il peut y avoir des décisions critiques à prendre, n’oubliez pas d’en donner pouvoir aux personnes qui gardent vos enfants (même si un médecin en France se passe légalement d’autorisation parentale s’il estime que la vie de l’enfant en dépend).

 6. Détendez-vous !

Soyons réalistes, quelques soient les instructions que vous allez laisser, et le soin que vous allez mettre à préparer le séjour de bébé chez ses grands parents, les choses ne se passeront pas tout à fait comme vous l’auriez voulu. Du moment que l’enfant n’est pas en danger et qu’on lui fournit de l’affection, il n’y a pas mort d’homme. Il manque quelque chose ? Le supermarché et la pharmacie ne sont pas loin. Bébé ne dort toujours pas quand vous appelez à 21h ? Ça ne l’empêchera pas de reprendre son rythme en rentrant à la maison. Il est pourri gâté, ou les grands-parents sont un peu old school, respirez, ça n’est pas si grave, il sait bien que ça n’est pas vous.

Vous avez enfin l’occasion de bien dormir la nuit, profitez-en !